C'est le sujet que tout le monde évite et que tout le monde finit par rencontrer. Voici le cadre général, en français simple.
Cet article décrit des principes généraux et n'est pas un conseil fiscal personnalisé. Les seuils, les taux et les formulaires changent régulièrement : vérifie toujours sur impots.gouv.fr, autoentrepreneur.urssaf.fr ou auprès d'un comptable avant de décider quoi que ce soit. Aucun chiffre précis n'est donné ici volontairement, parce qu'un chiffre périmé est pire qu'aucun chiffre.
La seule distinction qui compte
Tout se joue sur une question : d'où vient l'objet que tu vends ?
Tu vides ton armoire. Tu revends des vêtements que tu as achetés pour toi et portés. C'est une vente de biens personnels d'occasion, qui n'est en principe pas imposable, quel que soit le nombre d'articles. Tu ne cherches pas à faire un bénéfice, tu récupères une partie de ce que tu avais dépensé.
Tu achètes pour revendre. Dès que tu achètes un lot, une balle ou une pièce dans le but de la revendre avec un bénéfice, c'est une activité commerciale d'achat-revente. Elle relève d'un statut, de cotisations et d'une déclaration, dès la première vente.
Il n'existe pas de seuil de tolérance en dessous duquel ce serait « juste un hobby ». Ce qui qualifie l'activité, c'est l'intention d'achat, pas le montant encaissé. Beaucoup de gens se rassurent avec un chiffre lu sur un forum : ce chiffre est presque toujours le seuil de transmission d'informations par les plateformes, qui est une chose complètement différente.
Ce que les plateformes transmettent
Depuis l'entrée en application des règles européennes de transparence pour les plateformes numériques, Vinted, Whatnot, eBay, Leboncoin, Depop et les autres transmettent chaque année à l'administration fiscale la liste de leurs vendeurs et les montants encaissés, au-delà d'un certain nombre de transactions ou d'un certain montant.
Deux points sont souvent mal compris :
- Tu reçois le même récapitulatif que l'administration, en début d'année, depuis ton compte vendeur. C'est le document à conserver et à comparer avec ta propre comptabilité.
- Être au-dessus du seuil de transmission ne signifie pas être imposable, et être en dessous ne signifie pas être exonéré. Le seuil déclenche un signalement, pas un impôt. C'est la nature de ton activité qui décide.
La conséquence pratique est simple : l'époque où la revente en ligne était invisible est terminée. Se mettre en règle au départ coûte beaucoup moins cher qu'une régularisation.
Ce qu'il faut garder, dès la première commande
C'est la partie la plus utile de cet article, et la moins coûteuse à mettre en place.
- Toutes tes factures d'achat. C'est ce qui prouve la provenance de ton stock et ce qui te permet de déduire ou de justifier. C'est le premier document qu'on te demandera. Un dossier par année, c'est suffisant.
- Un compte bancaire dédié. Obligatoire au-delà d'un certain chiffre d'affaires, et utile bien avant : séparer les flux t'évite des heures de tri.
- Un tableau des ventes. Date, plateforme, montant encaissé, frais. Un simple tableur suffit la première année.
- Les récapitulatifs annuels de chaque plateforme. Télécharge-les dès qu'ils sont disponibles : certains comptes ne les gardent pas indéfiniment.
Quatre réflexes, une heure par mois, et le sujet cesse d'être une angoisse.
Le statut, en une phrase
Pour démarrer une activité d'achat-revente, la micro-entreprise est presque toujours le bon point de départ : création gratuite en une heure sur le guichet unique, comptabilité allégée, cotisations calculées en pourcentage de ce que tu encaisses réellement. Pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations.
Le détail des démarches, dans l'ordre, est dans notre guide dédié : devenir revendeur de vêtements de seconde main.
Le piège de la TVA quand on achète en gros
En franchise en base de TVA, tu ne factures pas de TVA — mais tu ne la récupères pas sur tes achats non plus. Sur une activité où le poste d'achat est énorme, c'est une perte sèche qui peut peser plus lourd que l'avantage de la franchise.
C'est le seul point de cet article où je te conseille vraiment de payer un comptable une heure avant de décider. Les seuils ont beaucoup bougé ces dernières années et le calcul dépend de ton volume d'achat.
Ce que ça change pour ton activité au quotidien
Rien, en réalité, si tu t'organises dès le départ. Une micro-entreprise en achat-revente demande une déclaration de chiffre d'affaires périodique, un compte séparé et des factures conservées. Ce qui coûte cher, ce n'est jamais l'obligation : c'est de la découvrir deux ans après.
Et une fois le statut créé, tu peux acheter en gros avec une facture à ton nom, ce qui est aussi la condition pour travailler avec un grossiste sérieux : notre page grossiste.